CURIOSITà DAL PASSATO

In questa sezione ho deciso di mostrare per la prima volta sul web alcuni esempi delle fasi iniziali del mio percorso artistico,
è il caso di questo videoclip intitolato Ascention che è stato ospitato alla biennale di Venezia 2011 e che è stato prodotto riflettendo sul ruolo che l’arte deve avere nella vita di tutti, meglio ancora nella vita di quelli che non hanno alcun tipo di inquinamento culturale…
Un lavoro ispirato alla straordinaria figura artistica e umana di Antonin Artaud.
Scritto ed interpretato in lingua francese.


Il La question n’étant pas pour moi de savoir ce qui parviendrait à s’insinuer dans les cadres du langage écrit,
mais dans la trâme de mon âme en vie.
Par quels mots entrés au couteau dans la carnation qui demeure,
dans une incarnation qui meure bien sous la travée de la flamme-îlot d’une lanterne d’échafaud.
Je veux dire dont la viande rutile, opaque et rétive, flatulente vide, proliférante utile, appétissante acide.
Par quels mots je pourrai entrer dans le fil de cette viande torve (je dis TORVE, ça veut dire louche, mais en grec il y a tavaturi et tavaturi veut dire bruit, etc.).
Viande à saigner sous le marteau,
qu’on extirpe à coups de couteau.
Je ne suis donc pas parvenu à introduire ma trame dans ces poèmes avortés,
à sertir dans leurs mots non mon âme, oh pas mon âme, mais ma pression, l’opacité de ma congénitale tension, de mon exorbitante et aride oppression.
Je suis un génital inné, à y regarder de près cela veut dire que je ne me suis jamais réalisé.
Il y a des imbéciles qui se croient des êtres, êtres par innéité.
Moi je suis celui qui pour être doit fouetter son innéité.
Celui qui par innéité est celui qui doit être un être, c’est-à-dire toujours fouetter cet espèce de négatif chenil, ô chiennes d’impossibilités. […]
L’inspiration n’est qu’un foetus et le verbe aussi n’est qu’un foetus. Je sais que quand j’ai voulu écrire j’ai raté mes mots et c’est tout.
Et je n’ai jamais rien su de plus.
Que mes phrases sonnent le français où le papou c’est exactement ce dont je me fous.
Mais si j’enfonce un mot violent comme un clou je veux qu’il suppurre dans la phrase comme un ecchymose à cent trous. On ne reproche pas à un écrivain un mot obscène parce qu’obscène, on lui reproche s’il est gratuit, je veux dire plat et sans gris-gris.
Sous la grammaire il y a la pensée qui est un opprobre plus fort à vaincre, une vierge beaucoup plus revêche, beaucoup plus rêche à outrepasser quand on la prend pour un fait inné. Car la pensée est une matronne qui n’a pas toujours existé.
Mais que les mots enflés de ma vie s’enflent ensuite tout seuls de vivre dans le b a – ba de l’écrit. C’est pour les analphabètes que j’écris.
Qu’un poète pousse des cris, c’est bonne broche pour l’infini peut-être, mais il faut que la broche soit cuite dans – etc., etc. […] Les paroles sont un limon qu’on n’éclaire pas du côté de l’être mais du côté de son agonie.
Moi poète j’entends des voix qui ne sont plus du monde des idées.
Car là où je suis il n’y a plus à penser.
La liberté n’est plus qu’un poncif plus insupportable que l’esclavage.
Et la cruauté l’application d’une idée.
Carné d’incarné de volonté osseuse sur cartilages de volonté rentrée, mes voix ne s’appellent pas Titania,
Ophélie, Béatrice, Ulysse, Morella ou Ligeia, Eschyle, Hamlet ou Penthésilée,
elles ont un heurt de sarcophage hostile, une friture de viande brûlée […].
La canne des Nouvelles Révélations de l’Être est tombée dans la poche noire, et la petite épée aussi. Une autre canne y est préparée qui accompagnera mes œuvres complètes, dans une bataille corps à corps non avec des idées mais avec les singes qui ne cessent de les enfourcher du haut en bas de ma conscience, dans mon organisme par eux carié.
Car ce ne sont pas des idées mais des êtres qui font ploc ploc dans ma sexualité, et je ne supporterai pas éternellement que la sexualité universelle me carapace, et me draine de la tête aux pieds. Ma canne sera ce livre outré appelé par d’antiques races aujourd’hui mortes et tisonnées dans mes fibres, comme des filles excoriées.